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Introduction

Introduction

Udo Zembok est né en 1951 à Braunschweig, en Allemagne.

De 1972 à 1976, il a étudié les arts graphiques et la peinture à Braunschweig
et Bonn, et s’est ensuite rapidement consacré exclusivement au travail du
verre, attiré par les vibrations de la lumière et ses métamorphoses au sein
de ce matériau, le seul à même de montrer la couleur dans sa profondeur.
« Au cours de mes études, j’ai découvert la couleur transparente, celle
de l’aquarelle qui donne l’illusion de la lumière. En déchirant l’écran
opaque, c’est- à dire la toile du peintre, et en la remplaçant par le verre,
la recherche de la transparence lumineuse et colorée a pris corps tout
naturellement. »

Après un séjour de deux ans à Amsterdam, il s’établit en France en 1978,
d’abord à Saint-Menoux près de Moulins, puis s’installe en Alsace à partir
de 1991.

Il rencontre Pascale Zembok en 1998. Ils vivent aujourd’hui à
Menton sur la Côte d’Azur, où ils créent ensemble les concepts
artistiques élaborés pour les projets d’art public.

Auteur de nombreuses commandes réalisées pour des édifices religieux et
civils, publics et privés aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis,
en Belgique, Suisse, Italie, Allemagne et France, il a développé et appliqué
des techniques nouvelles, issues de l’industrie, qui mettent en oeuvre de
très grandes plaques de verre coloré à l’aide de pigments, fusionnées entre
elles et thermoformées dans des fours de taille importante.
Il explore les voies ouvertes par ces techniques innovantes qui tendent à
redéfinir l’art du vitrail dans son rapport à l’architecture en permettant
la réalisation de verrières monolithiques de grandes dimensions, sans
armature de plomb.

Il élabore ainsi des parois qui jouent avec la lumière de manière renouvelée,
toujours à la recherche de la grande surface, de la paroi où le langage
de la couleur peut s’exprimer pleinement, le terme classique de vitrail
devenant alors inapproprié.

Travaillant à réaliser ces parois affranchies de la fragmentation des vitraux
traditionnels, il propose également une autre intervention de la lumière
au travers du verre coloré.
En 1999 déjà, ses recherches l’amenaient à constater:
« Traditionnellement, le vitrail se révèle par une lumière qui le traverse.
Mes recherches actuelles proposent un élargissement de ce concept. Une
deuxième source lumineuse les éclaire du devant et apporte une lecture
différente, complétant la première.
L’une s’impose naturellement au regard et l’autre appelle une participation
active du spectateur.
Tendues entre ces deux qualités lumineuses, les parois, composées de
plusieurs couches de verre fusionnées entre elles, apparaissent comme
des espaces intermédiaires entre transparence et opacité, entre matière et
vide, entre vitrail et tableau.
Il s’en dégage une lumière ouvrant un espace interne, laissant apparaître
des strates d’images superposées, ou le regard les synthétise en une
composition.
Chacune de ces couches est traitée soit en relief, soit par des apports d’émaux
ou des inclusions de poudres de verre.
Proche de la pâte de verre, cette technique permet le développement
d’un large éventail de langages esthétiques.
Parallèlement, il travaille avec des techniques similaires à la création
d’objets de verre indépendants de la structure d’un édifice, et a produit
notamment une série d’oeuvres intitulées Hommage à Rothko (2000-
2002), Complémentaires (2003), Colourfields (2005-2008) et Contrastes
simultanés (2004-2006). A partir de 2008 ses recherches s’orientent vers
des compositions monochromes.

Udo Zembok a été invité à participer à plusieurs expositions collectives en
France, Allemagne, Belgique, Angleterre et Pologne. De nombreuses expositions
personnelles dans toute l’Europe et aux Etats-Unis ont contribué à faire
connaître son travail et ses recherches.
Plusieurs distinctions importantes lui ont été remises, parmi lesquelles
on peut retenir le prix Liliane Bettencourt, Paris, 2001, le Grand Prix
national des Métiers d’Art, France, 2003, le Coburg Glass Price for
contemporary Glass Art in Europe, 2006.
La double facette de son travail, commandes monumentales et oeuvres
sculpturales indépendantes, amène Udo Zembok à se définir comme plasticien verrier.
Il réalise dans son propre atelier les pièces personnelles ou de dimension
réduite, et s’associe à des ateliers de maître-verrier pour les commandes les plus monumentales, nécessitant des espaces et des fours de plus grande
taille, une main-d’oeuvre plus nombreuse et qualifiée.

Le peintre Udo Zembok est ainsi passé des couleurs, matières superposées
qui réfléchissent la lumière, aux couleurs lumières qui transmettent le
rayonnement lumineux.
Il est devenu ce verrier qui peint avec la lumière, qui la laisse voir dans
l’espace, la module en révélant le volume dans lequel la verrière s’inscrit.

Depuis un parcours commencé en 1976 à Amsterdam,
ou il inaugurait ses premiers essais rudimentaires de verres déjà fusionnés
entre deux plaques de verre armé, Udo Zembok n’a jamais cessé de chercher
et d’évoluer en déclinant, lors de ses projets élaborés au cours des trente
dernières années, plusieurs techniques et approches architecturales, mais
toujours développées autour du thème majeur de l’expérience colorée,
vécue au travers de verrières monolithiques, obtenues en superposant
plusieurs couches de verre coloré,
comme autant de couches de glacis.

Ses expériences portent désormais sur la « troisième dimension de
la couleur » et l’amènent à travailler en parallèle à des oeuvres de
commande, réalisées pour des architectures spécifiques, et à des séries de
pièces indépendantes, de dimensions réduites, deux aspects de son travail
qui s’enrichissent et se complètent mutuellement, et lui permettent de
montrer les pouvoirs optiques de la couleur ainsi traitée.
« Ces oeuvres plus intimes et plus personnelles sont un laboratoire d’idées
esthétiques et formelles. Techniquement j’ai toujours affiné les procédés
pour permettre cette lecture en profondeur de la matière. j’aborde la
troisième dimension non comme un sculpteur, mais comme un peintre. Mon
champ de recherche reste la couleur, l’expressivité de la couleur comme
sujet et non comme attribut. Le langage crée par la couleur n’est
pas conceptuel, mais immédiatement ressenti. j’enlève toute référence
à une lecture narrative en mettant l’accent sur les monochromies ou les
bichromies. La rencontre entre les couleurs vaut pour elle-mÍme. C’est elle
qui raconte une histoire.
Ma démarche tend à détacher le phénomène coloré, optique, visuel, de
son support matériel pour s’approcher des origines immatérielles de la
couleur. »

Dans ses sculptures, Udo Zembok attache une grande importance au
feuilletage du verre. En disposant la couleur dans la matière même,
entre les couches de verre fusionnées, couleur et lumière provoquent un
phénomène vibratoire qui émane de ces oeuvres.
Les couleurs d’Udo Zembok résultent d’ailleurs d’un assemblage de
plusieurs teintes. Pour obtenir, par exemple un rouge, il superpose un
violet, un orange, un mauve, comme un peintre le ferait avec des glacis.
Chez Udo Zembok, il y a toujours dans un petit format l’essence d’un
grand. Réciproquement, en se rapprochant au plus près de la matière,
de ses verrières monumentales, en les fragmentant visuellement pour
en découvrir le mystère de leur profondeur, le spectateur peut y déceler
nombre de petits formats à venir.